Les supermarchés d’aujourd’hui répondent aux besoins actuels des consommateurs. De plus en plus, les supermarchés sont situés dans les centres urbains et résidentiels, laissant de côté les hypermarchés géants de la périphérie. Les achats mensuels dans ces macro espaces ne sont plus aussi fréquents. Cependant, aujourd’hui, nous achetons plusieurs fois par semaine de petits volumes et à proximité de la maison ou du travail. C’est ce que l’on appelle le commerce de proximité.  

 

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Mais comment évolue ce modèle de proximité ? 

Ces dernières années de prise de conscience pour la planète, marquées par une pandémie qui nous a tous rendus vulnérables, se caractérisent par un profil de consommateur qui demande plus de transparence. Il veut aussi plus de proximité avec les produits qu’il consomme et qu’il préfère durables.  

Les potagers en magasin constituent une nouvelle possibilité commerciale. Ce sont des minifermes verticales situées dans les supermarchés et autres épiceries. L’une des forces de ces systèmes est l’autosuffisance de la production alimentaire, ainsi que l’amélioration de la sécurité alimentaire, de sa qualité, et bien entendu la réduction de l’empreinte carbone de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.  

WHOLE FOODS · ÉTATS UNIS

Whole Foods a été le pionnier en 2013 avec son magasin à Brooklyn où le toit était recouvert de serres pour herbes et légumes frais utilisant de manière durable des énergies renouvelables.  

 

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AÉROPORT O’HARE CHICAGO · EEUU 

À l’aéroport de la Windy City, ils cultivent leurs propres herbes, haricots, laitue et même poivrons depuis des années ! La production est cuisinée dans les quatre restaurants de l’aéroport. De plus, la pièce où ils sont cultivés est un espace de détente pour les voyageurs.  

Le jardin aéroponique est composé de 26 tours qui abritent plus de 1 100 espaces de plantation. L’ensemble du système est autonome et n’utilise pas de produits chimiques.  

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IGA SUPERMARCHÉS · CANADA

En 2017, cette chaîne de supermarchés à Montréal, Canada, a ouvert son propre jardin sur son toit. Les plantes sont arrosées avec l’eau du système de dés-humidification du magasin. En même temps, le toit vert réduit les îlots de chaleur et améliore la biodiversité : au début du printemps dernier, les agriculteurs ont même trouvé un nid d’oiseau sur le toit.  

Au fil des ans, ils ont augmenté la variété des produits à cultiver. Aujourd’hui, ils ont quatre types de chou frisé, trois variétés de blettes, radis, jeunes navets blancs, betteraves, carottes, haricots verts, haricots jaunes, tomates, aubergines, mélange printanier ordinaire et exotique, pousses d’épinards, roquette, brocoli, chou rouge et chou-fleur. Ils ont même des ruches pour produire du miel vierge de première qualité.  

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REWE · ALLEMAGNE

En Allemagne, un supermarché est en cours de construction où des fleurs sont cultivées sur le parking et du poisson et des herbes sur le toit. C’est un système aquaponique où les excréments de poissons deviennent du compost pour les plantes, le tout sans pesticides ni antibiotiques.  

Dans le supermarché du futur, non seulement les aliments sont vendus, mais ils sont aussi cultivés.  

Grâce à cela, ils économisent six tonnes de plastique par an dans les emballages, ainsi que les émissions de carbone du transport.  

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RAMI LEVY · ISRAËL

Un autre projet de jardin urbain est mis en place par la chaîne israélienne Rami Levy où des légumes poussent sur ses murs verticaux dans leurs établissements. Ces produits comestibles sont sans pesticides et minimisent la consommation d’eau. Les agriculteurs locaux sont les seuls chargés d’entretenir les cultures.  

Le projet est commercialement viable, car de nombreuses dépenses de la chaîne d’approvisionnement ont été considérablement réduites, ainsi que les coûts de distribution et de transport. De plus, ils peuvent varier ce qu’ils plantent en fonction des produits les plus demandés et vendus au supermarché.  

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METRO · FRANCE

Dans la ville française de Nanterre, la chaîne de supermarchés Metro Cash & Carry propose à ses clients des herbes aromatiques cultivées dans des vitrines à LEDS et des racines immergées dans des eaux minéralisées. Ils parviennent à proposer des produits très frais sans pesticides.  

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QUEL SERA L’AVENIR DES POTAGERS EN MAGASIN? AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS 

Les potagers bio sur les toits ont de très bons résultats, car ils permettent de cultiver un grand nombre et une grande variété de légumes. De plus, les légumes vendus en magasin sont toujours à leur meilleur stade de maturité, ce qui n’arrive pas toujours avec les légumes achetés à l’extérieur. L’autre point positif est qu’ils durent une à deux semaines de plus dans un état parfait pour leur vente.  

Cependant, les mini-fermes en vitrines verticales ont une capacité de production plus petite qui ne promet pas de répondre aux besoins des supermarchés.  

Au fil des années et des progrès de la technologie, le prix des placards de culture a beaucoup diminué. Cela permet une mise en œuvre plus facile et une expansion plus rapide permettant des marges plus larges.  

Cependant, l’exploitation des potagers en magasin n’est pas une tâche facile. Le personnel du magasin aura besoin d’une formation pour surveiller le bon fonctionnement tout en allouant un grand nombre d’heures et en retirant l’employé d’autres tâches qui doivent également être effectuées. Dans le cas où quelque chose ne va pas et que des champignons ou tout autre processus biologique serait retrouvé, cela invaliderait le produit, toutes les cultures devraient être retirées pour désinfecter les placards. Cela signifierait les avoir vides pendant des jours donnant une mauvaise image et en même temps,  perdre des m2 de ventes.  

 

THÉÂTRE GASTRONOMIQUE

Dans ce cas, il s’agit plutôt d’une stratégie de vente en salle gastronomique pour les consommateurs.  

Ces dernières années, les consommateurs sont devenus plus exigeants et veulent de la transparence. Ils veulent savoir d’où vient la nourriture et comment elle a été produite.  

Grâce aux placards de culture et aux toits verts, une relation de proximité et de transparence se crée avec le client final, ce qui favorise sa fidélisation et la récurrence de ses visites.  

Cependant, la faible production de certaines auto-cultures en magasin, répond davantage à un théâtre gastronomique dans le but d’augmenter les ventes. Il n’est pas étonnant que cette exposition végétale prétende attirer les consommateurs vers le magasin physique et renforcer leur fidélisation.